Bonjour à tous !

Je préfère commencer cet article en vous précisant quelque chose qui me paraît important. Je suis modèle photo semi-professionnelle et je sais que je suis loin de tout savoir. Malgré tout, j’ai décidé de faire un article pour les photographes amateurs parce que j’ai vu, par expérience que proposer quelques petits conseils avant la séance de prise de vue est souvent utile et bienvenue.



1 – Comment contacter un ou une modèle photo ?

Tout d’abord, quand vous contactez un modèle photo, la première des règles est : Politesse et Respect. Vous ne vous connaissez pas donc le vouvoiement est la moindre des choses. Tout comme les formules de politesse au début et à la fin du message. 
Ensuite, par pitié, pas de message copié/collé à dix personnes, ça se voit et ça se sent. Faites un message personnalisé qui prouve que vous êtes intéressé. 
Quelques informations sur vous sont utiles à donner : où vous situez-vous géographiquement ? Avez-vous un studio ? Êtes-vous mobile ?
Ensuite une partie qui montre que vous avez regardé les photos du modèle que vous contactez. Non, je vous assure ce n’est malheureusement pas une blague,certains ne le font pas. Alors, regardez les photos attentivement, lisez son profil et ne demandez pas dans votre message une question dont la réponse est sur la deuxième ligne du texte de son profil.
Que vous ayez ou non un projet spécifique, expliquez pourquoi vous contactez cette personne (et pas une autre). Ce qui vous plaît, ce que vous avez envie de faire comme photo (même si cela vous semble très général : Mode, lingerie, nue ou plus spécifique boudoir, classiques, etc).

2 – Le jour du shooting
Voilà, vous avez échangé avec le/la modèle photo et aujourd’hui est le jour du shooting. Quelques heures avant, vérifiez que vos batteries sont bien chargées et qu’il reste de la place sur la carte SD de l’appareil photo. 
Allez dans les réglages de votre appareil photo et mettez les images au format RAW, je vous en supplie, pas en JPEG… Parce que c’est bien beau d’avoir un appareil photo avec de grandes fonctionnalités, mais prendre ses photos en JPEG c’est comme acheter une cuisine de luxe avec toutes les nouveautés de l’électroménager et manger des boites de conserve ou des plats surgelés… L’extension d’une image RAW varie en fonction du constructeur : .cr2 chez Canon, .nef chez Nikon, .arw chez Sony, .pef chez Pentax, .rw2 chez Panasonic, .orf chez Olympus, .raf chez Fuji, ou .x3f chez Sigma.
Mettre ses photos au format RAW plutôt que JPEG permet d’avoir la matière indispensable (nombre de pixels et nombre de bits) pour les traitements post shooting. Autrement dit, dès que vous souhaitez vous mettre à la retouche, une JPEG offre des possibilités quasi nulles. Une autre différence, mais qui peut être vue comme un avantage ou un inconvénient est que photographier en JPEG, c’est aussi donner à l’appareil photo le contrôle de la photo, appareil en manuel ou non. C’est-à-dire que l’appareil applique instantanément à chaque photo des réglages sur la balance des blancs, sur la netteté ou les contrastes ton par ton par exemple. Donc l’appareil fait des préretouches. La liberté du photographe sur la gamme de lumière à affiner est également moins grande.
Si le photographe dispose de plusieurs objectifs et prévoit d’en changer au moment du shooting, il est bon de prévoir un petit kit de nettoyage si une poussière vient se poser sur le capteur et apparait sur les photos une fois l’objectif changé. C’est assez rare, mais c’est toujours mieux de pouvoir nettoyer sur place.

Une fois que les réglages d’appareil photo sont terminés, passons au shooting en lui même. 
Plusieurs éléments importants sont à prendre en compte :

La lumière :
Si vous n’avez pas beaucoup d’expérience, je vous conseille de tester la lumière du jour puis de tester avec volets fermés et interrupteur allumé pour mieux vous rendre compte du rendu que vous désirez. De même testez des prises de vue avec le modèle devant chacune des fenêtres disponibles. Si vous êtes dehors, la lumière naturelle peut être dirigée via un réflecteur pour la projeter sur un endroit précis par exemple. Enfin si vous travaillez en basse lumière, testez les différentes sensibilités ISO disponibles en vous rappelant que plus l’ISO est élevée plus le risque d’avoir du bruit dans l’image est grand. Arbitrez votre choix en variant votre ouverture et votre vitesse. Enfin, pensez à vous munir d’un trépied et d’une télécommande si vous souhaitez faire des longues poses en basse lumière.

Le cadrage :
Dites vous bien que la qualité des photos vaut bien mieux que la quantité. Partant de cela, vous avez le temps et n’êtes pas pressé. Donc, regardez devant vous avec un regard large. Demandez-vous ce qui pourrait vous gêner sur la photo. Imaginez la photo idéale sur le PC. Que manque-t-il ?
Une prise électrique que l’on cache au moment du shooting ça ne prend même pas une minute et cela fait ça en moins en retouches à faire. Et c’est cela pour tout. C’est pour ça qu’il faut une grande vigilance et attention pour pouvoir sortir un résultat bien. Un petit truc qui peut vous aider est d’imaginer, lorsque vous avez l’œil dans le viseur,  que la photo que vous faites est d’un très grand format (plus de 2 mètres de large), un peu comme sur un écran de cinéma. Ceci peut vous permettre de mieux « voir » chacun des éléments de votre composition de cadre.

Le mode manuel :
Quand le photographe utilise un mode automatique, c’est évident que c’est plus simple, mais il n’y a pas vraiment de liberté pour l’image. 
En revanche en mode manuel, le photographe doit faire le point, choisir son ouverture et sa vitesse. Ceci demande un travail rigoureux surtout au départ. Mais bon faire une photo de portrait et avoir le point sur le haut de l’épaule gauche c’est quand même bien dommage… Du coup, entrainez-vous avant un shooting à photographier ainsi des fleurs et ensuite des plans plus larges pour cibler précisément, en fonction de votre choix de profondeur de champ, là où vous souhaitez votre point.

Soyez inventif ! :
Voilà ce point-là, je ne savais pas trop où le placer, mais bon. Pendant le shooting n’hésitez pas à faire des tests ! Essayez une photo en contre-plongée, montez sur une chaise et tentez une photo en plongée, testez les axes et utilisez les reflets (vitres, miroirs), essayez une photo prise en portrait si vous ne faites que du paysage, etc.
Enfin, dirigez votre modèle, faites la bouger, demandez-lui des expressions et des poses.
Même dans le choix du projet, il faut être inventif et oser. Quelque chose vous tente, mais vous n’osez pas ? Chaque choix de projet demandera des compétences, de la patience et de l’écoute entre modèle et photographe. Quand vous tombez sur un modèle patient et qui fait ça par plaisir artistique, elle sera sûrement ravie de vous voir progresser. Donc si vous rêvez d’une séance type boudoir à l’hôtel, mais que vous n’osez pas, car vous avez peur de rentrer dans le cliché, foncez. 
Avant cela, écrivez sur le papier : 
Quand je pense à boudoir, qu’est ce que je vois ? Et moi qu’ai je envie de montrer ?
3 – Après le shooting

Voilà, le shooting est terminé, vous rentrez chez vous avec de belles images. Cependant, on ne va pas s’arrêter là et les publier ainsi. Une belle photo avec des boutons apparents sur la modèle, une prise électrique qui se plante dans la photo, un cadrage à modifier, le réglage de la balance des blancs, la luminosité et les contrastes, etc. Voilà tout autant de détails qui devraient vous pousser à apprendre le développement (traitement de la photo). 

Pour cela beaucoup de logiciels sont disponibles pour vous ainsi que beaucoup de tutoriels pour apprendre à vous en servir.

Voilà j’espère que ces conseils vous auront aidé et n’hésitez pas à me dire en commentaire ce qui vous a servi et/ou ce que vous avez appris ailleurs et que vous souhaitez partager.